maquillage - photogénique - Agence Brunet-monié

Vous ne vous trouvez pas photogénique ? Moi, si.

Hier, 10 septembre 2026, je consacrais ma journée à photographier le séminaire d’une entreprise nantaise. Je suis rentré chez moi un peu perturbé par ce que j’ai vécu. Après réflexion, je souhaite en parler ouvertement, parce que je sais que cela peut aider beaucoup de monde.

La journée est rythmée par l’accueil des participants, le mot des dirigeants, une super conférence, et ponctuée de moments de pause… Je travaille comme je sais le faire : je déambule parmi les participants avec mon appareil photo. L’idée est d’être suffisamment présent pour ne rien manquer, mais suffisamment discret pour ne rien provoquer.

Et tout au long de la journée, j’observe quelque chose qui me donne envie d’écrire cet article. Je veux parler de cette relation un peu étrange et très paradoxale que nous avons avec notre image. Mais aussi de la façon dont nous réagissons face à un photographe.

Petit à petit, je commence à y prêter davantage attention. Je vois des personnes rire ensemble, discuter, raconter quelque chose avec passion. Je m’approche parce que la scène me plaît, parce qu’il y a une belle énergie et que j’ai envie de la photographier. Et parfois, dès qu’une personne remarque ma présence, quelque chose change.

Un regard vers moi, un sourire qui change, quelqu’un qui se cache un peu derrière son voisin… Il y a aussi le classique « ah non, moi je ne suis pas photogénique ! ». Parfois, c’est même quelqu’un qui prévient les autres que je suis en train de les photographier.

Je comprends parfaitement ces réactions, mais elles me font aussi réaliser quelque chose. Nous, photographes, avons rarement l’occasion d’expliquer notre approche aux personnes que nous photographions, et surtout, de les rassurer.

C’est justement ce que j’ai envie de faire dans cet article : vous emmener, pour quelques minutes, de l’autre côté de l’appareil.

Lorsque je vous photographie, j’ai déjà vu quelque chose

Je ne photographie rien au hasard. Lors d’un événement, je passe beaucoup de temps à observer ce qui se déroule devant moi, notamment la lumière et les interactions entre les gens. Il m’arrive même de dresser une sorte de cartographie mentale des participants, en fonction de ce que je perçois de chacun.

Je suis également toujours à l’écoute. Une conversation, un rire ou quelques mots entendus au loin peuvent attirer mon attention. Quelqu’un raconte une histoire avec enthousiasme, deux collègues éclatent de rire… Parfois, ce n’est presque rien. Mais dans ma tête, une photographie commence à apparaître.

C’est à ce moment-là que je m’approche.

Et parfois, je reste. Vous m’avez vu prendre une photo, mais trente secondes plus tard, je suis toujours là. Ce n’est pas pour vous mettre mal à l’aise. J’ai simplement quelque chose en tête. La lumière est là, la composition fonctionne, les personnes sont bien placées, mais j’attends encore ce petit quelque chose qui fera la différence.

Je sais ce que je cherche et j’essaie simplement d’aller au bout de cette photographie.

Il y a donc quelque chose d’important à comprendre : si je choisis de vous photographier à cet instant précis, c’est que j’ai déjà vu quelque chose de beau ou d’intéressant dans ce que vous êtes en train de vivre.

Alors, que faire lorsque vous me voyez arriver ?

Au final, pas grand-chose.

Vous n’avez pas besoin de regarder mon appareil, de me sourire ou de prendre une pose. Continuez simplement ce que vous étiez en train de faire.

Vous racontiez quelque chose ? Continuez. Vous étiez en train de rire ou d’écouter quelqu’un ? Ne changez rien. Ce qui m’a donné envie de vous photographier était probablement déjà là avant que vous ne remarquiez ma présence.

Et surtout, ne cherchez pas non plus à m’éviter.

Il y a une situation que je rencontre très souvent. Je suis en train de photographier et quelqu’un s’apprête à passer devant moi. La personne me voit, s’arrête net et attend gentiment que j’aie terminé.

Je comprends parfaitement le réflexe. Elle pense qu’en passant devant moi, elle va gâcher ma photo. Mais j’ai un secret à vous avouer… Vous ne me dérangez JAMAIS. Je suis toujours placé là où je veux être.

Et puis… le mouvement fait partie de mes images. J’aime que les gens passent dans mon cadre, qu’un élément apparaisse au premier plan, que la vie continue autour de moi. Très souvent, je vous ai déjà vu arriver et j’attends justement votre passage pour déclencher.

Alors passez !

C’est à moi de m’adapter à ce qui se déroule devant moi, pas à vous de changer votre comportement pour ma photo.

Plus vous continuez à vivre normalement, plus vous m’aidez à raconter ce qui est réellement en train de se passer.

Une personne peut changer toute une scène

C’est particulièrement visible lorsque je photographie un petit groupe.

Trois personnes discutent ensemble. Elles sont concentrées les unes sur les autres, les expressions sont naturelles, les corps aussi. La scène m’intéresse, je m’approche et je commence à la photographier.

L’une d’elles m’aperçoit. Elle ne se trouve pas photogénique et se décale légèrement pour se cacher derrière son voisin.

Je comprends parfaitement ce réflexe. Mais à cet instant, ce n’est plus seulement son comportement qui change.

Les deux autres voient son mouvement et comprennent immédiatement pourquoi. Elles me remarquent à leur tour et, en quelques secondes, toute la scène change.

C’est exactement pareil avec le classique « non, non, pas moi ! ». Ou lorsque quelqu’un prévient les autres : « Attention, il nous prend en photo ! »

Et là, tout le monde me regarde. Les sourires changent, les attitudes aussi, et la conversation s’arrête. Le moment que j’avais repéré quelques secondes plus tôt n’existe plus.

Personne n’a rien fait de mal. C’est juste un réflexe.

Mais si vous me voyez photographier votre groupe, ne prévenez pas forcément les autres. Continuez simplement ce que vous étiez en train de faire, et laissez-les continuer aussi.

C’est probablement la meilleure façon de m’aider à conserver ce petit morceau de vie que vous étiez en train de partager.

Notre relation à la photographie est pourtant assez étonnante

C’est sans doute l’un des plus grands paradoxes que je constate lors des événements que je photographie : vous adorez faire des photos entre vous, avouez le… Mais beaucoup deviennent méfiants dès qu’un professionnel les approche.

Les téléphones sortent régulièrement des poches. On photographie ses collègues, on fait un selfie à deux ou à cinq, on immortalise une tablée. Et parfois on recommence, parce que quelqu’un avait les yeux fermés. Tout cela se fait très naturellement, sans que personne ne semble vraiment intimidé par l’objectif du téléphone.

Pourtant, lorsque j’arrive avec mon appareil, la tension monte : « Ah, le photographe… »

Peut-être que mon matériel donne soudain plus d’importance à l’image. Ou que la présence d’un professionnel donne le sentiment que cette photo va davantage « compter ». Peut-être aussi avons-nous peur de ne pas maîtriser l’image que quelqu’un d’autre va faire de nous.

Je n’ai pas toutes les réponses.

Mais il y a quelque chose que je trouve assez rassurant dans tout ça. La personne dont vous vous méfiez le plus est justement celle qui va mettre toute son expérience à faire une belle photographie de vous.

Je ne suis pas là pour vous piéger

Cela fait maintenant seize ans que je suis photographe.

Pendant toutes ces années, j’ai accumulé énormément d’expérience. Ce métier m’a fait croiser des profils très différents. J’ai photographié des milliers de visages, dans des entreprises bien sûr, mais aussi dans des environnements très variés, parfois à l’autre bout du monde.

Mon travail a reçu plusieurs récompenses internationales. Et avec le temps, j’ai évidemment appris à maîtriser la lumière, la composition, le mouvement, et tout ce qui permet de construire une image.

Mais je crois que l’essentiel est ailleurs.

Je suis hypersensible. Ça a souvent été encombrant dans ma jeunesse, mais en photographie, j’en ai fait une vraie force.

Je ressens énormément ce qui se passe entre les gens. Je suis attentif aux regards, aux changements d’attitude. Mais je sens aussi très vite lorsque quelqu’un commence à ne plus être à l’aise.

Et lorsque je lève mon appareil vers vous, je ne suis jamais en train d’attendre la fraction de seconde où vous aurez une expression malheureuse.

C’est précisément l’inverse.

Je cherche le moment où vous êtes bien. Celui où vous souriez sans penser à votre sourire, où votre visage s’anime parce que vous racontez quelque chose qui vous passionne. Ou simplement celui où vous écoutez vraiment la personne qui se trouve devant vous.

Je cherche cet instant où, pendant une fraction de seconde, tout s’aligne.

Ceux qui m’ont vu travailler savent que je mets toute mon énergie à repérer cet instant et à ne pas le laisser passer.

Pas photogénique, vraiment ? Faites-moi confiance

Je sais que certaines personnes n’aiment sincèrement pas être photographiées, ou pensent simplement ne pas être photogéniques. Mais j’aimerais vous proposer autre chose : l’idée que vous êtes souvent beaucoup plus beaux lorsque vous ne cherchez pas à l’être.

C’est justement ce que j’aime photographier. Un rire, un regard, une discussion, une complicité… Toute cette spontanéité qui raconte beaucoup plus de vous qu’une pose.

Et puis ces images sont surtout faites pour vous. Pour garder un souvenir de cette journée, de vos collègues, parfois de vos amis. J’aimerais simplement qu’en les découvrant, elles vous fassent plaisir.

Quelques jours plus tard, l’une d’elles vous surprendra peut-être. Vous ne l’auriez jamais demandée, vous n’avez pas posé, et vous ne m’avez même pas vu la prendre.

Sur cette photo, vous n’avez pas eu à penser à votre sourire, à vos mains ou à votre meilleur profil.

Vous étiez simplement vous-même, et c’est justement pour cela que je vous ai photographié.

Finalement, tout ce que j’essaie de vous dire tient en quelques mots.

Quand je travaille, ne faites rien pour moi. Continuez simplement à vivre ce que vous êtes en train de vivre.

En revanche, si vous me voyez poser mon appareil quelques minutes ou faire une pause, venez me voir. Discutons, échangeons quelques mots, ou simplement un sourire. J’aime aussi ces petits moments de contact.

Faites-moi suffisamment confiance pour continuer à être vous-mêmes.

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